Real Job Interviews paraphernalia- reenacting fiction

    Friday, September 7, 2012 to Saturday, October 6, 2012

    Opening
    • Friday, September 7, 2012 to Saturday, September 8, 2012
    Commissaire: Leanne L'Hirondelle Artistes: Julie Lequin Un essai critique de Roxanne Arseneault « J’ai déjà passé une entrevue d’emploi très étrange. À un moment donné, j’ai su hors de tout doute que je ne décrocherais pas l’emploi. Alors, j’ai décidé de prendre les choses comme elles venaient. Le patron me disait des choses bizarres, alors je lui répondais des choses bizarres. J’ai senti que je devais créer quelque chose à partir de cette conversation absurde. » (Julie Lequin- JL) La transposition du banal en projet artistique est au cœur de la pratique artistique de Lequin. Ainsi, le projet Real Job Interviews Paraphernalia – Reenacting Fiction repose sur l’expérience universelle et stressante de l’entrevue d’emploi, en particulier le spectacle que doit donner le candidat pour impressionner de futurs employeurs potentiels. Inspirée par ses propres représentations pendant des entrevues d’emploi, Lequin puise dans les forces dynamiques qui interviennent entre l’intervieweur et l’interviewé et qui varient d’une entrevue à l’autre. Ensuite, elle invente plusieurs scénarios qui seront enregistrés sur vidéo un jour. Dans le contexte de cette exposition, elle met l’accent sur le travail de préparation qui aboutit à une vidéo achevée, mais que l’on ne voit pas d’habitude. Lequin s’intéresse à l’aspect multidimensionnel de la préparation, avec la conviction qu’elle peut parvenir à une meilleure intégration de ses univers imaginaires en mariant plusieurs moyens d’expression. En mettant en valeur les techniques artisanales que Lequin aime tant depuis le début de sa pratique, l’exposition présentée à Galerie 101 comprend des croquis, des aquarelles, des bannières, des photographies et des bases de papier mâché sur lesquels reposent des bustes de textile surmontés de perruques qui ont inspiré l’artiste et qui l’aident à créer les attributs psychologiques et visuels de ses futurs personnages. Pendant l’exposition, une piste sonore sert de curriculum vitae à l’artiste (une idée qu’elle travaille depuis quelques années déjà). « Il y a cinq ans, ma mère m’avait montré un article de journal. On y racontait qu’à l’avenir, il n’y aurait plus de C.V. sur papier, que les postulants feraient bientôt leur présentation sur vidéo. Haha! J’aime bien cette idée... » (JL) Dans son exposition, elle se sert des objets façonnés pour dresser un parallèle entre la difficulté de préparer une entrevue d’emploi et la conception d’un projet artistique. En soi, l’exposition devient la source d’inspiration pour la mise au point des personnages et des scénarios dans lesquels ils évoluent. L’inspiration à la base de ce projet permet à l’artiste de développer davantage le concept de l’entrevue d’emploi comme une conversation future avec les amateurs d’art. Dans le cadre de l’exposition, elle s’inspire de ses entrevues d’emploi passées pour créer des personnages qui relèvent de l’archétype et de la métaphore. En quelque sorte, les protagonistes préférés de Julie Lequin reviennent souvent dans sa vie d’artiste, qu’il s’agisse du directeur du département du cégep, de l’artiste vedette et son adjoint ou de l’universitaire féministe. Bien que la typologie de ces personnages n’ait rien d’extraordinaire, Lequin filtre à sa manière singulière et espiègle leurs traits physiques et psychologiques pour en tirer des caricatures. L’artiste interprète les personnages et les différencie les uns des autres. Elle les recrée dans des objets qui ressemblent à des marionnettes. De cette manière, les caractéristiques des personnages sont agrandies et dictées tout autant par l’artisanat qui les a fait naître que par leur capacité à attirer notre attention sur eux en tant que source du concept de préparation de la vidéo. Il y a des similitudes entre Real Job Interviews Paraphernalia – Reenacting Fiction et d’autres projets de l’artiste comme Top 30, Speech Lesson et Car Talk. Sa pratique artistique l’aide toujours à exorciser d’une manière espiègle et imaginative les défis quotidiens. C’est dans l’humour et les opinions qui ont caractérisé ses dialogues antérieurs que Lequin a trouvé l’inspiration pour ce projet. « Je trouve le temps long quand je travaille seule, alors il faut bien que je sois capable de rire par moi-même. Je sais que j’ai fait quelque chose de bien quand je regarde mon travail et que je m’exclame : "Ah, mer-de!... Hahahaha!" » (JL) Les œuvres de Lequin s’expriment dans des formes charmantes et uniques. Elles contiennent une certaine incohérence et une espièglerie à la fois maladroites et tout à fait contrôlées. Ainsi, l’artiste nous rappelle qu’il est de bon ton d’être authentique et de savoir rire de soi pendant l’entrevue d’emploi... Cette manière d’être rafraîchissante, le milieu des arts l’accueille aussi avec joie. - Roxanne Arsenault, 2012
    Notes en fin de texte : Roxanne Arsenault a fait la connaissance de Julie Lequin lorsqu’elle était coordonnatrice artistique de La Centrale, fonction qu’elle a occupée pendant plusieurs années. Elle est titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en histoire de l’art; son mémoire de maîtrise portait sur le patrimoine kitsch. Dans ses temps libres, elle mêle un intérêt marqué pour le féminisme et le kitsch à son alter ego, Donzelle, et ses projets de rappeuse. (Cet essai est une commande de Galerie 101) Articles de presse : http://attackebisu.com/2012/10/17/julie-lequin-recent-works/