2000's

236, rue Nepean Street
2000s
François Dion

J'ai trouvé dans ma bibliothèque un exemplaire de « Subject to Representation ». Dans mon souvenir, cette plaquette représentait un des premiers projets de publication sur lequel j'avais travaillé en prenant le poste de directeur de la Galerie 101. En relisant le colophon, je réalise que cet ouvrage date de 2000, soit deux ans après mon arrivée. Je pensais probablement à Katherine G. qui arrivait tout juste d'Halifax.



J'aurais envie d'énumérer tous les noms qui me reviennent à l'esprit quand je replonge dans mes souvenirs de 1998, au moment où j'arrivais de Montréal pour prendre la direction de la galerie. La tentation est grande puisque je ne trouve pas de moyen plus efficace qu'une liste pour rendre compte de l'état d'esprit qui m'habitait. Chaque rencontre venait rajuster l'image que je me faisais de la ville et de sa communauté artistique.





À cette liste se superposent des couches d'images mentales en lien avec des événements qui sont restés bien ancrés dans mon esprit, sans ordre apparent :



Les dossiers administratifs et artistiques jonchant le plancher dans un désordre pas tout à fait contenu; Jeff Dery s'offrant à un auditoire perplexe dans une danse masquée de son cru;  mon entrevue avec le comité d'embauche, au beau milieu de l’accrochage de tableaux de Dennis Tourbin. Au sous-sol, les débris du chantier de la nouvelle galerie, sur la rue Nepean, étaient mêlés aux boîtes d'archives.

Tim Dallett était souvent autour; il travaillait sur « Urban Textures Urbaines », qu'il avait programmé lorsqu'il occupait le poste de directeur artistique avant mon arrivée. À bien y penser, il y avait dans cette « exposition multidisciplinaire » de Tim tous les ingrédients de ce qui allait faire de mon expérience à Ottawa et à 101 un moment exceptionnel et instructif.



Une ouverture à l'autre, et en priorité, aux artistes.





Une prise en compte du contexte local.





Une prédisposition pour le caractère exploratoire des œuvres et des projets artistiques.





Au fait, en y repensant bien, je réalise qu'un centre d'artistes est un organisme vivant, toujours en chantier, toujours en évaluation, toujours en reconfiguration. Une tâche complexe, et combien gratifiante.


I found in my library a copy of “Subject to Representation”. In my memory, this plate represented one of the first projects of publication on which I had worked after becoming director of Gallery 101. By reading again the colophon, I realize that this work was done in 2000, that is to say two years after my arrival. I probably thought of Katherine G. who had just arrived from Halifax.

I would like to enumerate all the names that come to mind when I think back at all these memories of 1998, at the time when I arrived from Montreal to take over the leadership of the gallery. It is tempting since I can’t find a more effective way than a list to describe my state of mind at the time. Each meeting added to and changed the image that I had of the city and its artistic community.

This list brings back superimposed layers of mental images linked to events which remained well anchored in my mind. Here they are, in no particular order:


Administrative and artistic files strewing the floor but not thrown into complete disarray; Jeff Dery performing a masked dance before a puzzled audience; my job interview taking place during the hanging of Dennis Tourbin’s paintings. In the basement, the debris from the construction site of the new gallery, on Nepean Street, were thrown next to the archival boxes.

Tim Dallette was often around. He was working on “Urban Textures Urbaines”, which he planned while he was still the artistic director before I came along. When I think about it, Tim’s “multidisciplinary exposition” had all the ingredients that would make my Ottawa and 101 venture an exceptional and formative one.

It was a time to open up to others and, foremost, to the artists.

A time to consider the local context.


A predisposition to the exploratory nature of the artwork and the artistic projects.



Yes, when I think about it all, I realize that an artist-run center is a living organism, forever growing, always re-evaluating its purpose, forever changing. It was a complex task but how gratifying!

236, rue Nepean Street
236, rue Nepean Street

Mon expérience de la Galerie 101

Hélène Lefebvre

C’est la fin des années 90, le centre d’artistes G101 est situé au deuxième étage à l’angle Lisgar et Bank où se trouve aujourd’hui, Invisible Cinéma. Une levée de fonds se déroule où créent sur place, Adrian Göllner, Eliza Griffiths et Blair Sharpe. On m’a parlé de l’événement et je m’y trouve. L’après-midi est ensoleillée, l’atmosphère est détendu, les fenêtres sont ouvertes, et nous sommes assis sur les bords de celles-ci. On est à l’époque où le milieu des arts m’intimide, Blair et Brenda Sharpe m’ont pris sous leur aile et introduite à ce lieu. Très peu de temps il me semble s’est écoulé et une autre levée de fonds a lieu sur Nepean cette fois. La galerie vient de déménager et on lance le « 101 Frames », populaire événement annuel de décembre. François Dion était le directeur et j’ai revu Pat Durr. Je me tenais alors avec Michèle Provost, je lui dois d’avoir eu l’heur de me dégourdir. J’y ai aussi rencontré Cécile Boucher et retrouvé Joyce Westrop, j’ai été mise en contact avec les artistes qui fréquentent le centre, de même qu’y introduire mes amis.

A ce moment, précisément, je me suis intéressée à l’art de la performance à G101 de Thomas Grondin, artiste de la région, qui tient une ligne ouverte aux intéressés aux questions « de l’existence » ; je suis immédiatement attirée par cette forme d’art et le contenu des propos à discourir. Jen Budney remplace François Dion; ensuite, Jessie Locayo devient la directrice et m’invite à faire partie du conseil d’administration. J’y ai connu Theo Pelmus qui devient aussi membre. Jessie démontre certes un intérêt pour l’art de la performance et sa remplaçante Leanne L’Hirondelle continue de soutenir ces efforts avec un intérêt manifeste. C’est grâce à ce soutien que les performeurs locaux ont su apprivoiser le public et peuvent bénéficier aujourd’hui d’une réception enthousiaste pour cette forme d’art. A ne pas oublier la reconnaissance et l’appui de Leanne aux rencontres et laboratoires « Fait Maison » qui ont également contribué à faire connaitre la performance au public de la région. Il faut aussi faire valoir la création et le développement de « Time », un festival biennal d’art performance et vidéo. La G101 présente en 2013 la quatrième édition de Time, qui se profile à l’international, tout en accueillant des artistes locaux.

Je suis fière d’avoir participé à l’évolution de ce centre d’artistes : on s’investit bénévolement en une cause que l’on croit et qui nous soutient finalement.


It’s the end of the 1990’s, and the G101 artists’ centre is located on the second floor at Lisgar and Bank Street, where the Invisible Cinema is today. A fundraiser is going on, and Adrian Göllner, Eliza Griffiths and Blair Sharpe are creating on-site. Somebody told me about this event and now I find myself there. It’s a sunny afternoon, the atmosphere is relaxed, the windows are open and people are sitting on the window sills. This is a time when art circles intimidated me, and Blair and Brenda Sharpe took me under their wing and introduced me to that place. A little time passed and another fundraiser was happening, now on Nepean Street. The Gallery had just moved and “101 Frames”, December’s annual popular event has been launched. François Dion was the Director and I also met up with Pat Durr. I went there with Michèle Provost, with whom I had the good fortune of having reach out to me. There I also met Cécile Boucher and (again) Joyce Westrop, and I was introduced to the artists who frequent the Centre, just as if they were my friends.

At that particular time I was becoming interested in performance art. At a later G101 event, local artist Thomas Grondin provided an open telephone line for anyone who was interested in discussing “existential” questions; I was immediately drawn to this form of art and what it allows a person to express. Jen Budney then took over from François Dion; later, Jessie Locayo became Director and invited me to take part in the G101 board. At that time I met Theo Pelmus who also joined the board. Jessie showed a strong interest in performance art and her successor, Leanne L’Hirondelle, continued this support with a manifest interest. It’s thanks to this support that local performance artists have been able to break out and are now able to get an enthusiastic public reception for that form of art. Also, one must not forget the recognition and the support of Leanne during the performance events of “Fait Maison”, which have also contributed to make performance art better known to people in the region. One must also recognize the creation and the development of “Time” the biennial Gallery 101 performance art and video festival. G101 presents its fourth edition of Time in 2013, which will profile both international and local artists.

I’m proud of having taken part in the evolution of this artists’ centre development: you get involved in something you really believe in as a volunteer, and it in turn supports you.

236, rue Nepean Street