1990's

319, rue Lisgar Street
Poetry as Event: Gallery 101 and the Experimental Writing Group
Poésie en tant qu’événement : Galerie 101 et le groupe expérimental d’écriture
Louis Cabri and/et Rob Manery

In 1988-89, the Experimental Writing Group approached Dan Sharp and Gallery 101 with a proposal for a Poetry Centre at the gallery which would program readings and a poet’s talk series entitled The Transparency Machine. Our goal was to engage local writers, readers, and artists in a discussion of the kinds of formally innovative and socially aware writing that interested us, but was largely absent in the Ottawa region, with a few notable exceptions—Jorge Etcheverry, Bob Hogg, and Dennis Tourbin. The literary events at 101 enabled the poets affiliated with EWG to situate their writing inside larger and differing frames of reference than the received frame of “local writing” (Ottawa being a capital city led some of us to question the regionalist cultural model of 1970s nationalism). We invited poets who were connected with a like-minded “writer-run centre” in Vancouver, the Kootenay School of Writing, and its magazine, Writing, and US and UK poets associated with L=A=N=G=U=A=G=E, Poetics Journal, The Difficulties, and with other magazines we liked, to read their work and discuss context. On Gerry Gilbert’s Vancouver radio show, Bruce Andrews grandiosely implied that the magazine Rob and I were editing (hole) was the only one east of the Canadian Rockies to be linking modernism to writing the way KSW events and Line, Motel, Writing, and Raddle Moon magazines had been doing west of them. Bruce was wrong, but we did share somewhat that embattled feeling with others. Clint Burnham and Christian Bӧk would come from Toronto to some of our 101 events, for instance. Jed Rasula and Steve McCaffery attribute their double bill of talks and readings as the event at which they conceived of editing Imagining Language together.

On occasion, the literary events we organized overlapped with contemporary artists and art discourse, as for instance when Marwan Hassan organized a commemorative reading after the death of Roy Kiyooka, and we displayed several prints from Kiyooka’s Stoned Gloves, or when Dorothy Trujillo Lusk’s Transparency Machine newsletter and talk featured the artwork of Mina Totino. Many of the poets we invited to 101 maintained interdisciplinary practices—Colin Browne’s talk on Stein preceded the Ottawa premiere of his documentary film White Lake. In fact, the gallery walls were a necessary component for the Transparency Machine talks—as was 101’s overhead projector. Text and images were projected upon the walls and provided a sometimes spectacular visual catalyst for the ensuing discussions. The press release for one of our first events, a reading by Alan Davies, noted that the “sculptural setting amidst darkness [in reference to an installation by Montreal artist Sylvia Safdie] . . . prepares the ear for the electric atmospherics of Davies’ poetry.” The opportunity to host events in a visually stimulating environment enriched both the talks and the readings.


En 1988-89, l’Experimental Writing Group (groupe expérimental d’écriture) a contacté Dan Sharp et Galerie 101 pour leur proposer de mettre sur pied dans la galerie un centre de poésie nommé « The Transparency Machine », qui organiserait des lectures et une série de causeries avec des poètes. L’objectif consistait à regrouper des auteurs, des écrivains et des artistes de la région afin d’engager un dialogue sur les formes novatrices d’écriture structurée avec une conscience sociale, un forum qui n’existait pas du tout dans la région d’Ottawa, sauf quelques exceptions notables (Jorge Etcheverry, Bob Hogg et Dennis Tourbin). La manifestation littéraire à G101 a permis aux poètes membres de l’EWG de replacer leur production littéraire dans des contextes de référence plus larges et diversifiés que le cadre de la « littérature locale » (puisqu’Ottawa est une capitale, certains d’entre nous en sont venus à questionner le modèle culturel régional issu du nationalisme des années 70). Nous avons convié des poètes qui étaient liés à un « centre géré par des auteurs » aux vues similaires à Vancouver, soit le Kootenay School of Writing et son magazine Writing, et des poètes des États-Unis et du Royaume-Uni associés à L=A=N=G=U=A=G=E, Poetics Journal, The Difficulties et d’autres magazines que nous aimions, afin de pouvoir lire leurs œuvres et de discuter du contexte de leur création. Pendant l’émission radiophonique de Gerry Gilbert à Vancouver, Bruce Andrews avait solennellement laissé entendre que le magazine que je publiais avec Rob (hole) était le seul à l’est des Rocheuses à faire le lien entre modernisme et écriture, comme le faisaient à l’ouest les manifestations de KSW et les magazines Line, Motel, Writing et Raddle Moon. Bruce avait tort, mais nous partagions dans une certaine mesure le même combat avec les autres. Par exemple, Clint Burnham et Christian Bӧk venaient de Toronto pour participer à certaines de nos manifestations à G101. Jed Rasula et Steve McCaffery ont attribué au programme double de lectures et de causeries qu’ils y ont présenté la conception d’Imagining Language la publication qu’ils dirigent ensemble.

De temps à autre, les activités littéraires que nous organisions coïncidaient avec le discours de l’art actuel et des artistes contemporains, comme la lecture commémorative organisée par Marwan Hassan après le décès de Roy Kiyooka. De notre côté, nous avions exposé plusieurs photographies réalisées par Kiyooka dans la série Stoned Gloves. Notons aussi quand le bulletin et la causerie Transparency Machine de Dorothy Trujillo Lusk ont brossé le portrait de l’œuvre de Mina Totino. Plusieurs des poètes que nous avons invités à G101 avaient des pratiques interdisciplinaires. La causerie de Colin Browne sur Stein a précédé la première ottavienne du documentaire du cinéaste, White Lake. En fait, les murs de la galerie étaient un élément essentiel pour les causeries de Transparency Machine (tout autant que le rétroprojecteur de G101!) Le texte et les images, projetés sur les murs, créaient parfois un effet visuel spectaculaire et servaient de catalyseur à la discussion. Le communiqué de presse de l’une de nos premières manifestations, une lecture donnée par Alan Davies, affirmait que « le décor sculptural dans les ténèbres (une référence à l’installation de l’artiste montréalaise Sylvia Safdie)... nous mettait dans l’ambiance parfaite pour écouter la poésie à l’atmosphère électrique de Davies. » Cette chance d’organiser des activités dans un décor esthétique et stimulant a enrichi la présentation des causeries et des lectures.

319, rue Lisgar Street